PRESENTATION


Extrait du rapport d’audit du Cabinet CEDAET (Conseil, Etude et développement Appliqué aux Entreprises et aux Territoires) Septembre 2005

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1. ALCO, d'hier à aujourd'hui
 
1.1 De la perspective du retour au pays à la volonté d'intégration
 
L'association ALCO (initialement « Association pour les Langues et Cultures d'Origine »), a été créée le 5 octobre 1978 à Amiens. L'association regroupait des personnes de communautés ethniques différentes qui avaient chacune leur projet et qui s'investissaient depuis déjà plusieurs années dans des actions d'enseignement en langue d'origine (arabe, portugais et turc) à l'intention des enfants de leur communauté. Il s'agissait alors d'inculquer la langue et la culture d'origine dans la perspective du retour au pays.
 
Cette expérience d'enseignement en langue d'origine avait lieu dans les classes des écoles primaires, en dehors du temps scolaire, et permis de nouer des relations avec des enseignants, l'Inspection Académique, la municipalité d'Amiens... Se développaient également des actions d'interprétariat qui contribuent à la reconnaissance de l'association par la Préfecture et les services publics.
 
Il est apparu cependant que les familles étrangères aspiraient pour un nombre croissant à se sédentariser et à s'intégrer en France. Cette évolution a conduit les membres de l'ALCO à évoluer dans leurs pratiques militantes.
 
1.2 Des pratiques communautaires au projet interculturel
 
Les membres de l'ALCO ont pris parallèlement conscience de la réalité d'une société multiculturelle à travers leurs contacts, leurs collaborations et leurs réflexions collectives au sein de l'association. Dès le début des années 80, l'ALCO tente de se donner un projet commun, suffisamment fédérateur pour être porté par chacun de ses membres qu’elles que soient sa sensibilité et ses origines : le projet interculturel. Cette évolution importante fut sans doute favorisée par les références multiculturelles dont sont souvent porteurs les membres de l'association (Maghreb, Portugal, Cap-Vert, France), soit parce qu'ils appartiennent à une génération née en France de parents immigrés, soit en raison de parcours associant plusieurs influences culturelles.
 
Cette évolution s’est traduite par un changement d'appellation en 1990. L'ALCO devient "Centre Interculturel de Documentation, d'Animation et de Formation, ALCO". Le sigle ALCO est conservé en raison de la notoriété acquise sous cette dénomination. Parallèlement se développent au sein de l'association des réflexions et productions collectives pour développer et structurer des pratiques d'animation interculturelles.
1.3 Les composantes du projet social actuel de l’ALCO
 
La principale activité de l'ALCO concerne depuis une vingtaine d’années les animations et ateliers interculturels. Les ateliers se déroulent dans des écoles, des maisons de quartiers, des associations, des centres de loisirs… selon un rythme hebdomadaire, sur une période déterminée (un trimestre ou plus). Les animations interculturelles impliquent l'ensemble d'une structure sur un temps fort (une semaine par exemple). Ces ateliers et animations reposent sur des projets pédagogiques préparés par les animateurs avec les partenaires (enseignants, animateurs…) en lien étroit avec leurs propres projets pédagogiques. Les animations et ateliers interculturels s’appuient sur un centre de ressources interculturel qui s’est progressivement enrichi au fil du temps et constitue un véritable patrimoine pédagogique et culturel.
 
Les interventions de médiation interculturelle existent, quant à elles, depuis plus de 25 ans. Ces interventions ne se réduisent pas à l'interprétariat ou à l'assistance administrative. Il s'agit d'un travail d'information et d'initiation permettant aux personnes aidées de devenir autonomes dans notre société. Il s'agit aussi d'un important travail de médiation et d'explication auprès des interlocuteurs pour éviter les pièges de l'incompréhension liés à la méconnaissance des références culturelles respectives. Ce travail se prolonge par des interventions auprès des instituts de formation des enseignants, des travailleurs sociaux et des personnels de services publics.
 
Aux côtés des activités « historiques » directement liées à son projet associatif, l’ALCO a été progressivement conduite à apporter différentes réponses aux problématiques sociales vécues sur le quartier et aux demandes des habitants et des partenaires de terrain :
Des ateliers d’accompagnement scolaire et éducatif fonctionnent depuis une quinzaine d’années et qui ont accueilli
92 enfants au cours de l’année scolaire 2004-2005 (61 primaires et 31 collégiens et lycéens), encadrés par 11 animateurs, dont un bénévole.
Un accueil culturel spécifique des enfants de 6 à 12 ans, est mis en place au cours des vacances scolaires, dans le cadre d’un centre de loisirs agréé par la DRDJS
D’autres actions plus ou moins durables ont été entreprises, par exemple auprès de jeunes femmes ou plus récemment d’adolescents.
 
Dans tous les cas, il s’agit d’actions préalablement pensées au regard du projet interculturel, et les partenaires et les parents sont associés autant que possible à cette réflexion puis aux actions conduites.
 
En conclusion de cette rétrospective, les interventions de l’association s'appuient aujourd’hui sur une organisation associant :
Un projet associatif et des principes de fonctionnement et d'animation formalisés, capitalisant plus de 25 ans d’expérience d’animation interculturelle sur Amiens et sa région.
Un centre de ressources documentaires et pédagogiques : « le Centre Interculturel de Documentation et de Ressources".
Un site multimédia au service de la réussite scolaire et l’interculturel.
Des confrontations et échanges entre les membres de l'association, salariés permanents, vacataires et bénévoles.
La formation professionnelle et l'accompagnement des nouveaux animateurs ».