DISPOSITIF D'ACCUEIL ET DE REMOBILISATION EDUCATIVE (DARE)

dispositif d'accueil et de remobilisation scolaire sanction lutte contre le décrochage

 

 

Dans la lignée de sa démarche éducative, le Centre Interculturel ALCO a mis en place, depuis plusieurs années, d’une manière volontariste, un espace d’accueil, d’aide et de soutien aux jeunes en période d’exclusion temporaire dont le but premier et de prévenir le décrochage scolaire.

 

Cet accueil vise à sensibiliser et à remobiliser les jeunes concernés dans leur scolarité, et se veut un outil actif de l’aide à la parentalité.

Il s’avère un levier incontournable de prévention de la marginalisation et du décrochage scolaire.

 

Le DARE (Dispositif d'Accueil et de Remobilisation Educative), a ainsi été conçu comme une contribution dans ce sens. Le dispositif, qui existe depuis quelques années, est issu d'un constat à la fois simple et préoccupant : les jeunes collégiens exclus de façon temporaire de leurs établissements doivent généralement sortir du collège.

 

"Les équipes éducatives éprouvent des difficultés sans cesse accrues pour porter remède aux comportements inadaptés et parfois violents de certains élèves. Les sanctions prononcées varient considérablement d’un établissement à l’autre et les exclusions sont de plus en plus nombreuses."

Ainsi commence le préambule de la circulaire Organisation des procédures disciplinaires. (BO spécial n°8 de juillet 2000).

 

Du point de vue du ministère de l'Education Nationale, l'exclusion temporaire n'est qu'un degré dans l'échelle des mesures disciplinaires. Or, l'extrait cité plus haut signale une forte progression à la hausse du nombre d'applications de cette sanction, qui reflète sans doute une dégradation du comportement des élèves.

La majorité des élèves touchés par cette mesure disciplinaire se retrouvent livrés à eux-mêmes ; ils «errent» dans  les quartiers pendant le temps de leur exclusion. L'oisiveté  et le «zonage» risquant de conduire à une mise en danger du jeune, il fallait réfléchir à une réponse alternative que l'établissement scolaire, pour des raisons évidentes, ne peut pas assumer seul.

 

Le Centre Social et Interculturel ALCO, dont l'action dans les domaines de la médiation et des animations interculturelles est reconnue et appréciée depuis trente ans, a donc volontairement proposé aux établissements scolaires et aux parents d'accueillir les jeunes pour la durée de leur exclusion. La seule condition est que les jeunes et les familles s'inscrivent dans cette démarche de manière active et volontaire.

Le DARE, comme tout dispositif créé ex nihilo, a dû se construire et s'édifier par la pratique et l'expérience. Des outils et un modus operandi ont été forgés au fil du temps.

Le séjour des élèves au Centre ALCO, considéré comme un stage, donne aujourd'hui lieu à un travail structuré tout au long du temps de

l’exclusion :

 

- Appui scolaire et disciplinaire.

- Travail sur des dossiers thématiques (le thème étant choisi par l'élève lui-même).

- Mise en responsabilité par l'implication dans les activités portées par l’association : préparation d’expositions, aide à l’encadrement des plus jeunes…

 

 Ces activités s'ajoutent aux actions menées de manière traditionnelle par le Centre, auxquelles le jeune est associé dans la mesure de ses capacités. L'ensemble de ces actions permet au jeune de se remobiliser, notamment par un travail autour de l’estime de soi.

Dès la naissance du dispositif, il est apparu indispensable que le lien de l'élève avec son établissement demeure concret et continu pendant son stage au Centre ALCO. C'est pourquoi chaque collège signataire de la convention met à disposition un assistant pédagogique, ou un autre membre de la communauté éducative, dont la mission est de se rendre au siège de l'association chaque matin afin de proposer au jeune du travail lié à sa scolarité et à son programme, de façon à ne pas créer de décalage lors du retour à son établissement.

De façon quasi naturelle, l'existence du DARE permet de déplacer la focale de notre action associative sur des sujets connexes, notamment celui de la parentalité, étant entendu que le phénomène de l'exclusion ne peut être abordé qu'en prenant en compte le contexte social et familial dans lequel le jeune évolue.

Un important travail d’accompagnement des parents est nécessaire pour les réhabiliter dans leur rôle éducatif. Ce travail commence par une mise en confiance qui ouvre le chemin : s’approcher et parler autrement de l’école, organiser des rencontres avec les équipes éducatives ou avec les travailleurs sociaux du secteur concerné et au besoin accompagner ou orienter vers les services compétents.

 

Vous pouvez retrouver en cliquant ici, un article décrivant notre action publié sur le site www.@priles.net (agence des pratiques et initiatives locales).